"Astoa, zaldiz jantzi arren, beti astoa" (Elgar N° 634 Novembre/Décembre 2025

"Astoa, zaldiz jantzi arren, beti astoa"

(Un âne, même déguisé en cheval, reste toujours un âne)

De par leur lien avec la belle nature qui les entoure, les Basques recourent souvent à des métaphores animalières pour faire passer des petits messages dans leurs « esaerak ». Et il est facile d’imaginer à quel genre de personne peut s’appliquer ce type de dicton humoristique ? On ne peut effectivement pas cacher sa vraie nature. Les gens malhonnêtes le resteront toujours, même s’ils cherchent à donner le change. Les personnes qui font l’étalage de leur richesse de manière ostensible en faisant croire qu’ils sont mains pour avoir « réussi, ne valent rien si leur comportement de tous les jours dénote de cette prétendue intelligence des affaires. 

Jean-Baptiste Heguy

 

 

 "Gaizki esanka ari denak beretzako kalte" (Elgar N° 631 Mai/Juin 2025

"Gaizki esanka ari denak beretzako kalte"

(Celui qui parle mal se fait préjudice)

Même si les Basques sont plutôt réputés être des gens taiseux ou avares de mots inutiles, on trouve toujours dans chaque village des exceptions avec des gens qui sont "ahohandiak" (littéralement, des "grandes gueules" ou des vantards) et d'autres qui sont friands de commérages. Ces défauts sont très mal vus au PAYS BASQUE et il arrive effectivement assez souvent que les gens qui disent du mal des autres finissent par se porter eux-mêmes préjudice, ne serait-ce que par l'isolement qu'ils peuvent générer vis-à-vis des autres habitats du village. 

 

Jean-Baptiste Heguy

 

 

 "Ozpina", du vinaigre... ou le tonnerre". Elgar N° 632 Juillet/Août 2025

 Quelquefois, en basque comme dans bien d'autres langues, les origines étymologiques peuvent très fortement différer mais au fur et à mesure des transformations, déboucher sur un mot homonyme.

C'st le cas pour le mot "ozpin" qui en basque désigne le plus couramment le vinaigre. Et encore une fois, l'étymologie de ce mot est en euskara très imagée. ce mot vient du mot "hortz", la dent et de "min", un mot qui désigne le mal ou la douleur en général ou aussi dans un sens dérivé, quelque chose de "piquant", aigre ou amer". Donc, littéralement, le vinaigre c'est quelque chose "qui fait mal aux dents" ou "qui pique les dents"!

Le mot "ozpin" peut aussi désigner le tonnerre (comme bien d'autres mots en basque). dans ce cas, le mot "ozpin", vient de "ortz, ortzi", l'ancien nom propre du dieu du Ciel dans l'ancienne religion des Basques, et qui désigne à présent le ciel, en nom commun, et du mot "-bini", qui serait une forme ancienne de "mihi", la ligue. littéralement, le tonnerre/ozpin, c'est donc "la langue du ciel" ! 

Jean-Baptiste Heguy

 

 

 "Lehenbizi entzun eta orduan hitz egin" (Elgar N° 632 Juillet/Août 2025

"Lehenbizi entzun eta orduan hitz egin"

(Ecouter d'abord, parler après)

On le répète très souvent : les Basques sont un peuple de taiseux. Pour toutes sortes de situations, ils préfèrent d'abord jauger en restant silencieux, prendre les informations et écouter, avant de parler. Ce trait de caractère est très typique de ce peuple pour qui la parole a toujours une très grande valeur, avec un poids des mots qu'il ne faut pas galvauder (il suffit de rappeler le plus fameux proverbe basque : "hitza hitz", une parole est une parole). De même, toute parole précipitée, tout jugement hâtif sur une personne peut avoir de grandes conséquences. 

 

Jean-Baptiste Heguy

 

 

 "Mendiak mendia behar ez du, baina gizonak gizona bai" (Elgar N° 633 Septembre/Octobre 2025)

"Mendiak mendia behar ez du, baina gizonak gizona bai"

(La montagne n'a pas besoin d'une autre montagne, mais les hommes ont besoin des autres)

Pas de sens figuré pour cet "esaera", qui est tout de même important pour rappeler que la vie peut être très difficile dans certaines contrées reculées du Pays Basque. Dans un village basque, il n'est pas toujours évident de percevoir au premier abord l'esprit de corps qui anime les habitants. Mais que survienne un phénomène météorologique extrême. comme un orage de grêle ou une très grosse inondation et la solidarité se met en route très vite. Chacun met la main à la patte pour aider un voisin ou une personne isolée, sachant qu'un bienfait est toujours bienvenu et pourra être le cas échéant rendu lors d'un prochain événement extrême. Une solidarité qui se perd de plus en plus dans les grandes villes. 

 

Jean-Baptiste Heguy