"Erleak, eztia biltzen duenean, ez du lorea mozten" (Elgar N° 626 Juillet/Août 2024)

"Erleak, eztia biltzen duenean, ez du lorea mozten "

(L'abeille, quand elle récolte le ciel, ne coupe pas la fleur)

Ce très joli proverbe basque vise directement un défaut qui peut s'emparer de certains êtres humains : la cupidité. L'idée pathologique d'amasser toujours plus de richesses peut avoir des conséquences sur l'ensemble de gens qui pourraient ne plus avoir accès à une ressource si une ou quelques personnes auront auparavant fait preuve d'un trop grand égoïsme. Dans d'autres sociétés anciennes liées à la nature, le fait de prélever sur elle le strict nécessaire était une manière de justement préserver l'accès à telle ou telle ressource. Ainsi, quand par exemple les Indiens des Plaines chassaient le bison, ils étaient extrêmement soucieux de ne tuer que les mâles adultes, et surtout pas les femelles ou les plus jeunes, pour préserver l'équilibre de la croissance des meutes de bisons en prévision de futures chasses. Ce strict nécessaire était d(autant plus important que les Indiens des premières Nations ne chassaient pas seulement pour se nourrir mais aussi pour se vêtir, pour fabriquer des objets avec les peaux et les boyaux, etc... Il en était tout autrement de certains colons américains venant d'Europe , qui ne voyaient dans la traite de fourrures qu'un moyen d'amasser de l'argent sans ses soucier du fait que la ressource première puisse à un moment disparaître. les Basques, peuple très ancien et aussi très lié à la nature, ont eux aussi très vite compris la nécessité de réserver la pérennité des ressources naturelles.  

 

 

Jean-Baptiste Heguy

 

 

 "Dakizunaz gutxi mintza zaitez, ez dakizunak bat ere" (Elgar N° 625 Mai/Juin 2024)

"dakizunaz gutxi mintza zaitez, ez dakizunak bat ere"

(de ce que tu sais, dis-en peu, de ce que tu ne sais pas ne dis rien)

Il est bien connu que les Basques sont plutôt un peuple de gens taiseux. Et comme ils sont souvent avares de paroles, ils savent bien quel peut être le poids ou le danger d'une nouvelle transmise et déformée par le nombre de colporteurs d'informations. Pour limiter les méprises, voire les motifs de fâcheries qui peuvent déchirer les familles, mieux vaut ne pas trop parler et en dire le minimum.

 

Jean-Baptiste Heguy

 

 

 "Berbak handiak, eskuak txikiak" (Elgar N° 624 Mars/Avril 2024)

"Berbak handiak, eskuak txikiak"

(grands mots, rien dans la main)

Il est bien connu que les Basques sont plutôt avares de paroles et se méfient beaucoup des hâbleurs et des beaux parleurs (en basque, on dit "ahohandia", c'est-à-dire littéralement , "grande bouche"). Avec le balancement caractéristique de beaucoup de "esaerak" basques et son côté très lapidaire, ce proverbe n'est pas sans en rappeler un autre "Urrutiko intxaurrak hamalau, gerturatu eta lau" (Au loin il y a quatorze noix, on se rapproche et il y en a seulement quatre), qui brocarde aussi les gens qui ont tendance à beaucoup parler et à déformer la réalité pour se montrer plus grands ou plus à leur avantage qu'ils ne le sont en réalité. "berbak handiak, eskual txikiak" fait aussi référence à ceux qui promettent beaucoup mais oublient leur générosité quand  ils sont mis sur le fait accompli. Rappelons à l'occasion que, en basque, "généreux", se dit "eskuzabala", c'est-à-dire littéralement "large main" (de "zabala", large et "eskua", la main).

 

Jean-Baptiste Heguy

 

 

Kaixo, egun on guztioi!

https://www.irulegikoirratia.eus/tokiko-gaiak/robin-farrar-desafio-gisa-hasi-nintzen-euskara-ikasten?fbclid=IwAR27HmNhnDS-JmdPGLvShJ8oycN0PBb8HanQ9q7jKbpAOTVLre3mXZwlCK4_aem_AT8F3Awck7OatXgFWodYpnlLST06jAAKbWUSaMl49czyvXN0WWJk5Fhla6ry6Lsme04

Ze ondo Robin !

Txalo bero bat 

 

Notre sympathique gallois qui était les deux dernières années élève de Sustraiak-Erroak est passé à la radio.

 

Félicitations !!!!

 

 

 

 

 

 

  

 "Begi batez aski du saltunak, ehun eztitu sobera erostunak" (Elgar N° 623 Janvier/Février 2024)

"Begi batez aski du saltunak, ehun eztitu sobera erostunak"

(Un oeil suffit au vendeur, mais l'acheteur n'en a pas trop de cent.)

Voilà un proverbe très ancien, réuni dans le fameux recueil "Euskal astotitzak eta neurtitzak/Proverbes et poésies basques" du poète et linguiste souletin Arnaud Oihénart (1592-1668). Il renvoie aux époques anciennes, où lors des grandes foires au bétail, les négociations allaient bon train pour s'entendre sur un prix, mais qui pouvaient aussi attirer des personnes malintentionnées en vendant des têtes de bétail ayant une maladie ou un défaut caché. Voilà pourquoi les acheteurs devaient d'autant plus redoubler de vigilance au moment des discussions. Par extension, ce proverbe peut s'appliquer à toutes les relations commerciales et rappelle aussi que les Basques sont toujours d'un naturel méfiant.

 

Jean-Baptiste Heguy